dimanche 31 mai 2009

Vernissage


Vous ne savez pas quoi faire le 20 juin ? Vous avez une petite faim ? Passez par Pantin.
Vous êtes un peu chagrin ? Vous avez besoin d'un calin ? Passez par Pantin.
Vous aimez les dessins ? Vous voulez en emporter un ? Passez par Pantin.

C'est tout droit en suivant le canal Saint-Martin.

samedi 30 mai 2009

Trésor 2


Quelque part au sud de Chinpu, à l'entrée de la grotte de Chian Yuan, un des huit immortels, trois petits bouddhas prêchent bonne parole : "health is wealth". L'un est végétarien pour cause de métempsycose, l'autre est omnivore par tolérance et curiosité, le troisième carcanivore parce qu'il n'ingère que les aliments strictement compatibles avec sa culture d'origine. Quel bouddha a le plus d'adeptes ?

vendredi 29 mai 2009

mercredi 27 mai 2009

Sans plume 3


Sans plume 2


Le vent : "Pour qu'une idée soit bonne, comme pour les dessins, il faut qu'elle soit massive et fiévreuse". 

mardi 26 mai 2009

Mifa 4



Le nouvel Espace en exclu sur Bade Lu. Sécurité routière, pureté des formes, confort familial, démarrage en puissance, conception aérodynamique, mimétisme urbain, romantisme du sillage... Existe aussi en version sport.

Le leader des bolides, c'est qui ? 

lundi 25 mai 2009

Guang Dian 4


En 2002, Hou Hsiao-Hsien fonde l'unique cinéma d'art et d'essai de Taipei dans l'ancienne ambassade désaffectée des États-unis. Bâtisse victorienne, arcades en éventail et jardin sino-britannique à l'angle des artères Nanjing et Zhongshan, baptisé Guang Dian : "point de vue", "critère de pointe", "camera oscura". Une Arcadie inamovible où on passe la Vie Moderne, les Temps modernes, Moderne Love et plein de films anciens, remake, originaux, films pointus, road movies pêchus. À la programmation, le cinéphile Wang Paï Chen en croisade contre des multiplex dévorant.

dimanche 24 mai 2009

Sans plume 1


La maîtrise du pinceau shu fa appartient presque au domaine du sacré. La plume, au contraire du pinceau, permet d'assurer la finesse du trait. La plume manoeuvre entre plein et délié. Le pinceau, c'est bigrement plus compliqué. Plein, vide, délié, brossé, pointu, humide, sec, chafouin, vigoureux, franc ou à rebours. Peinture, poésie et calligraphie sont confondus en une seule discipline. Comme pour l'écriture arabe, les caractères d'imprimerie n'existent la plupart du temps que sous une forme manuscrite. Chaque caractère, aussi stylisé soit-il, doit conserver les traits fibreux du pinceau, et le mouvement à la fois fébrile et sûr de la main qui l'a tracé.


samedi 23 mai 2009

Trésor 1



Le Musée National du Palais, l'équivalent du Louvre, abrite une collection exceptionnelle de plus de 600 000 pièces rares provenant des collections impériales rassemblées et entreposées  à Taipei pour les préserver de la menace japonaise puis des intentions iconoclastes de la Chine populaire. 

Parmi ces pièces précieuses, il en est une qui pourrait faire figure de Joconde. Elle inspire une même fierté et attire pareillement une foule dense et révérencieuse. Elle représente un chou taillé dans du jade. Si l'on regarde attentivement, on peut distinguer deux cigales habilement sculptées sur les feuilles de chou. Le sculpteur des Qing a su parfaitement tiré parti de l'analogie de couleur entre l'objet représenté et la jadéite qu'on employait jadis pour rappeler les vertus confucéennes, bonté, sagesse, courage, entre autres traits de droiture morale. Ce chou de jade aurait fait partie d'une dot. Comme il est d'usage, en fait, dans le système chinois, un nom prend souvent les vertus ou les propriétés de ses homophones — infiniment plus nombreux que dans nos langues européennes. yu désigne à la fois le jade, et ce qui est fertile, ce qui est gros, par conséquent le jade symbolise aussi la fécondité. On dit aussi gan pour "jade" qui signifie aussi "pureté" pour honorer la fiancée — et ainsi de suite ... dans un système comme celui-là où les homophones et les paronomases sont d'une banalité extrême, l'écriture est foncièrement dissemblable de toutes ces langues où l'homophonie est un événement poétique... 

Dans le public en extase : 
Flora — C'est quand même brillant ce truc. Bon, jadmets, c'est pas non plus Mona Lisa.
Martine — Non, mais, c'est pas le chou qu'est beau, c'est la pierre qui fait le chou. 

vendredi 22 mai 2009

Li baï wu 2


Pourquoi céder à la tentation de Vendredi qui renonça à la civilisation après avoir tout appris d'elle ? Trêve de robinsonnades, Laoban, une limonade. 

jeudi 21 mai 2009

Le Plein 4


"Qui se plein du grand méchant gouffre ? 
C'est pas nous, c'est pas nous ..."

mercredi 20 mai 2009

Le Vide 4



Comment être au dessus du vide sans être en même temps au-dessus du volcan ? 

Il y a bien un Wisigoth loquace qui puisse disserter sur cette question ou un Wang Wei  spirituel pour débusquer l'ombre d'une réponse par une parole zénith.

mardi 19 mai 2009

traveler 4



Elles sont là. La mère et la fille. Toutes fraîches débarquées... enfin toutes fraîches... seize heures de vol... chaleur inhabituelle... décalage horaire... longue marche à l'aveugle, parcours semi- guidé, visite de Longshan temple et de Carrefour... dépaysement maximal ? Le soir, commentaires sur une conférence autour de la Question d'Henri Alleg et l'adaptation du roman au cinéma. Là, mais pas encore tout-à-fait.

lundi 18 mai 2009

Guang Dian 3


Marcel Privat n'a plus la force de sortir ses vaches. Ce regard englouti si familier aux vieilles personnes, cette fin de la volonté par quoi la vie tient. Marcel n'a pas la force. 

En réalité on ne fait jamais vraiment retraite. par tous les temps, on doit sortir quotidiennement son troupeau.

dimanche 17 mai 2009

Traveler 3



Hokkaido, Tokyo, Japon, Corée, Thaïlande, Vietnam, Suisse, Moselle, c'est fini. Sylvia a trouvé, au détour d'un sentier du Yangmingshan, sa voie. Taipei, c'est la panacée de la street food ! C'est les Cévennes aux portes de Paris ! Plus question de barauder mais de sincèrement s'installer sur l'île de Circée. Une ondée tonitruante, dense et persistante, lui rappelle que tout ce vert est produit de la pluie. Tant pis. Demain, escampette à 10 heures. 

samedi 16 mai 2009

guang Dian 2



L'élevage, c'est un métier qui faut faire quand on est passionné. Maintenant, je suis au bout du rouleau. Le nez au-dessus de sa garbure, Raymond Privat sent venir la fin. Comme cette génisse foudroyée par un mal incurable qu'il a vu grandir et qu'il a aimée. Il rentre seul les bêtes de la pâture. C'est lui qui regarde, au générique, s'éloigner lentement, sur Zhong Shan Lu, les spectateurs émus. 

vendredi 15 mai 2009

Traveler 2

Sylvia, sur un brise-lame hexagonale, rumine.

Un – La demi-heure de pose ça va cinq minutes. Faut pas pousser !

Deux – Indigestion de Street food…

Trois – Faut dire que le tour opérator a déraillé. Dimanche visite du port industriel. Lundi café au Lutétia. Mardi visite de la léproserie de Losheng. Mercredi La vie Moderne de Depardon. Jeudi le chapeau de paille de Labiche. Il l’a eue dans une pochette surprise sa casquette de géo ?

Mais ce soir, vendredi, tout sera réparé. Ce sera festin au Shi Yang Shan Fang !


jeudi 14 mai 2009

Guang Dian 1


Marcel Challay est nerveux. Il a vendu ses vaches. Dans la petite salle de la Taipei Film House, l'émotion est à son comble. On a jamais vu la vie moderne sous cet angle.  

mercredi 13 mai 2009

Mifa 3



Sable noir volcan. Ni vol de mouettes riant, ni baigneurs se prélassant au soleil. C'est dimanche. Il fait chaud pourtant.

mardi 12 mai 2009

L'ombre de Losheng 4



Un arbre à palabre et deux bavards qui pourraient inspirer H. R. Giger. Il imaginerait une variante d'Utopie où une communauté d'Aliens vivrait en autarcie. Une ville gigantesque et monstrueuse de haute technologie se développerait à leur entour sans jamais vraiment s'inquiéter de la présence indésirable de cet enclos malfamé sauf pour s'assurer de son étanchéité. Les nuits de répit, sans soupirs, plaintes ni hurlements, des hippies freaks rêveraient de Kibboutz et de liberté sans savoir ce que c'est. Maintenu dans l'ombre par peur et ignorance, nul moyen pour eux de savoir qu'un groupe de chercheurs à l'autre bout du monde auraient trouvé le moyen de sauver les humains qui comme eux sont rendus méconnaissables et difformes, apparemment étrangers à l'espèce par la maladie et l'absence de traitement. 



lundi 11 mai 2009

L'ombre de Losheng 3



Les preux se restaurent, un peu songeurs, un peu rieurs. Le corps est tout rogné et distordu. Les pognes ne peuvent plus tenir les baguettes. Mais il fait bon, le thé est doux et parfumé, les bian dang copieux, les bulldozers qui grignotent la montagne mine de rien se sont tus et les rongeurs ne font plus peur. 
 


dimanche 10 mai 2009

Traveler 1


Non loin des berges de la Danshui. Escale sur des brises-lames pentagonales devant le port industriel de Bali. Air mi-effaré, mi-amusé de trois dockers. Sylvia gamberge plein les pattes. Qu'est-ce qu'ils sont beaux les containers ! Pas sûr que Paf ait eu son brevet de guide touristique...

samedi 9 mai 2009

massage in a bottle 4


Croquis sous pression : Paf fait des pieds et des mains par goût pour l'étude. 


vendredi 8 mai 2009

Massage in the bottle 3



Wittgenstein – J’ai mal à tes dents.

Masseuse solipsiste spécialiste du foot massage – Je prends ton pied.

Wittgenstein – Tu m’asticotes, cet asticot.

Masseuse solipsiste – Dans la voûte de tes pieds je vois ton âme.

Jean de Léry, rapetasseur de soulier – Partir la semelle devant n’est pas déshonorant.

Rimbaud – Un pied près de mon cœur.

Primo Lévi – La mort commence par les souliers

Pafooto – whouaïe, aïe, aïe.

jeudi 7 mai 2009

Massage in a bottle 2


Massage pieds-poings. Les règles sont strictes. Tous les coups ne sont pas permis. Pas de coups en dessous de la ceinture. Les coudes, on peut. Les tibias, non. 

mercredi 6 mai 2009

Dragonnade 1

Monsieur Loyal  - La langue chinoise avec les siècles a gagné en abstraction. D’abord, pictogrammes, puis idéogrammes, enfin caractères. Raffinement, puissance et complexité des idées. Dans l’abandon progressif de la figuration, en revanche, il n’est pas sûr que la peinture ait toujours gagné au change. Mais la comparaison est peut-être déloyale.


mardi 5 mai 2009

Opéra sans frontière 4



Ce palace de Xin Beitou qui tombe en ruine, n’est-ce pas un décor merveilleux propice à la mise en scène d’une histoire d’amour savoureuse entre un samouraï kamikaze et une princesse du raï... qui s’appellerai, voyons, au hasard … Samia. L’invraisemblable Rocambole n’est pas loin, vous dites ? Justement. Démonstration.

Dans les quartiers populaires de Wahran, dans les cabarets louches et plaisants, sordides et flamboyants, Samia dans les années 30 dansait et chantait le wahrani, variante raï des chants  de la tradition Almohade. Elle jouait grâce à son charme avec la concupiscence des puissants. Comme le jeu était dangereux et qu’il ne valait pas le chandelier d’un Jean Valjean, elle décida de profiter des faveurs de l’un de ses prétendants. Un prince, riche et pas vilain, venait, tout spécialement du Caire pour entendre chanter son déhanché et contempler les arabesques vocales et parfumées de ses improvisations malicieuses et de ses danses provocantes. Elle se maria. Mais là bas, en Egypte, elle n’eut pas le loisir de se mesurer à Oum Khalsoum. Pourtant, il y eût peut-être une deuxième voix de l’Orient. Le prince se révéla un monstre de jalousie et lui interdit toute sortie. Confinée dans son palace, elle n’eut pas le loisir de s’ennuyer. La bibliothèque était immense et l’apprentissage coranique était assez souple pour lui laisser le temps de déchiffrer les récits d’Ibn Battuta. Quand Samia apprit que son époux avait été tué dans une petite ruelle derrière Middan Al-falaki par des membres du Wafd, hostiles au clan du roi Farouk, elle s’enfuit avec quelques bijoux et joignit une troupe itinérante de comédiens et d’artistes de toute trempe qui faisaient routes vers Damas. Prolongeant ainsi la route des caravansérails, elle se trouva bientôt en Inde. Les temps étaient troublés depuis la Mésopotamie jusqu’aux sources du Gange, mais la vie de troubadour berbère lui convenait. Elle voyait dans cette existence de trouvère bohème l’assurance de préserver son bien le plus précieux : la jouissance de la liberté. La guerre sino-japonaise conduit la troupe à embarquer dans l’espoir de joindre les îles de Polynésie. Leur navire fut réquisitionné et incorporé dans la flotte nippone. Elle débarqua à Taipei et se sépara de ses compagnons. Dans le nord de la ville, Samia devait danser devant des militaires ignorants, insultants et parfois violents. Un soir trois soldats brutaux voulurent lui retirer ses voiles. On la prenait pour une catin et elle n'était pas geisha. Elle répliqua par des gifles, des coups de griffes et des grognements. Sa mort était imminente. Un Ronin qui occupait la pièce adjacente, fit irruption dans leur salon privé, un katana à la ceinture, avec l’air un peu contrarié. Il mit les trois soldats en six morceaux bien distincts et emporta Samia dans une de ses maisons de villégiature dans lesquels ont l'habitude de se rendre les soldats avant de mener une opération suicide contre l’ennemi américain. C'était le jour de Pearl Harbour. On vint les chercher à l'aube dans leur villa mais les deux amants kamikazes, pour d'autres raisons, s'étaient déjà donner la mort. 

Vous donneriez le rôle du Samouraï plutôt à Jet Li, Chow Yun Fat ou bien à Tony Leung ?

lundi 4 mai 2009

That's ok ! 2

Rencard à North Point sans perspective. De son œil anthracite, il jette un regard circulaire et fait trois fois le tour du parking. Personne. Perplexe. Pas de doute. Dix heures sonnent. Pm. Pourtant il était en avance. Il se demande s’il ne s’est pas trompé de fuseaux horaires. Parking sous voie aérienne.  Personne, exceptée un petit garçon avec sa sœur et une poubelle incontinente. Il est bien tard pour ceux-là. Paf ne peut pas s’empêcher de penser à d’autres cantons, au détroit de Gibraltar, aux remparts de Saint Malo, de Cadiz ou de Troie.  En face, on voit les nouveaux territoires du continent où s’élèvent par-delà un rideau de silhouettes cubistes des prairies verticales. C’est le climat qui veut ça. Qu’est-ce qui leur a pris de donner un point de rencontre dans ce coin dépéri de Hong Kong. Personne. Faut faire un tour.  

dimanche 3 mai 2009

Figure du sacré 3


Le poète Qu Yuan était un fidèle du roi Houai. Injustement calomnié par de mauvais conseillers, il fut chassé de la cour. Il se mit à écrire des vers par ressentiment sévères. La légende veut qu'il ne supporta pas son exil et qu'il se jeta dans la rivière Miluo où il se noya. Accès de folie provoquée par une détresse insoutenable, geste stoïque, ou accident stupide comme cette glissade comique dont fut victime Li Baï, autre poète de légende, parce qu'il voulait attraper la lune qui se reflétait dans l'eau. Comme beaucoup de grandes figures de la tradition chinoise, il composait ses vers en état d'ivresse. Pas le même genre que la sagesse de Sénèque. Depuis, les pêcheurs qui appréciaient la poésie et l'intégrité de Qu Yuan organisent des courses de canotage qui ont lieu chaque année. À l'occasion des Long Zhou Bi Sai, Dragon Boat Festival, ils jettent à l'eau des offrandes afin que les poissons ne dévorent pas le corps du poète.  

samedi 2 mai 2009

Vieux gamins 2


L'indigent philosophe aux prises avec un indelogeable anguleux devant Longshan temple.

vendredi 1 mai 2009

Vieux Gamins 1


Au mus ou au xiang qi, au poker ou à l'awele, aux dames ou au mahjong, plateau, carte ou dominos : même attroupement universel entre petits vieux invétérés, joueurs vétérans, cloches invertébrés. Sur la place de l'indépendance à Dakar, sous grande la tonnelle de Xin Beitou, dans les fauteuils métalliques du jardin du Luxembourg, dans le parc des Bastions à Genève, qu'on joue de l'argent ou de la gloire, on joue un peu sa misère.