lundi 5 octobre 2009

Suite des aventures là :

http://maobimo.blogspot.com/

lundi 15 juin 2009

Yi Ling Yi 2


Vous avez l'image 
http://www.gio.gov.tw/info/nation/fr/fcr97/2009/05/310.html

Vous avez le son
http://www.radiocampusparis.org/?p=6607

Faites votre cinéma...

dimanche 14 juin 2009

Nouvelles aventures de Paf Gadjo 4



Décidément, la critique est assassine. On se croirait à une émission du masque et la plume. Ni Charlie ni Rodrigue n'ont épargné Paphoto. Il est donc temps de tirer la révérence. 

Il est vrai que Paf est un patronyme ingrat. Il l'avoue lui-même — il faut le reconnaître — Paphoto, c'est bien laid et ce sobriquet n'a d'intérêt que par le sens qu'il revêt. Mais que signifie-t-il au juste ? On pourrait croire que "Pas Photo" n'est qu'une réaction épidermique d'un internaute irrité par la consommation outrancière d'images photographiques (ou cinématographiques c'est pareil) qui nourrit notre quotidien et nos représentations du monde ou encore simplement une résistance à l'usage abusif et rétrograde de la photo souvenir qui exacerbe le contraste haute technologie/stupidité des clichés de famille. Il n'en est rien. 

Plusieurs études philologiques tendent à montrer que ce nom cacherait d'autres significations hautement plus probables. Paphoto transposé phonétiquement en chinois (mais sans les tons) se dirait Pa Fu Tu : soit plusieurs interprétations possibles pour une même chaîne sonore  : en voici une petite dizaine parmi les 50significations potentielles :

Pa Fu Tu 徒, Paf, disciple du lotus.

Pa Fu Tu 图, Paf, maître de dessin. 

Pa Fu Tu  , Paf, maître-disciple.

Pa Fu Tu  Paf, maître nu (ou maître chauve).

Pa Fu Tu  Paf, lapin prisonnier.

Pa Fu Tu Paf, talisman massacreur.

Pa Fu Tu Paf, disciple du navet.

Pa Fu Tu 涂, croquis de canard (sauvage) épouvanté.

Pa Fu Tu , mari nu alpiniste

Pa Fu Tu  carpe argenté dessinée sur un mouchoir 

Oui, c'est sûr. Petit faible pour les trois premiers. Certains patronymes sont difficiles à porter, mais on n'a vu pire. On ne citera pas de nom.

J'en connais déjà qui frémissent et n'attendent que lundi matin pour se précipiter rue de Lille et s'inscrire sur le champ aux cours de chinois de l'Inalco. Au moins le blog Paphoto, aura-t-il eu la vertu de faire naître des vocations. 

Ainsi Paf Gadjo achève ici sa brève existence (deux fois 101 jours). 

Adieu Paphoto. 

Adieu.

samedi 13 juin 2009

Nouvelles aventures de Paf Gadjo 3



— Spécialiste de la romance !
— Fossoyeur du sens ! 
— Criticature de Pandore ! 
— Érudit de drugstore !
— Cartésianiste cynique !
— Crétin de la raison pathétique !
— French theory au placard !
— Vil critique de bar !
— Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître !
— Savez-vous bien quels sont vos ancêtres ! 
— Sainte-Beuve des abreuvoirs !
— À quatre pas d'ici je vous le fait savoir !
— Messieurs, je vous en prie... on n'est pas dans un film de cape et d'épée... je ne supporte pas la critique méchante...  qui plus est, le combat est inégal. Voilà, c'est malin, vous avez ameuté les chiens de faïence. Nonnnn ... Charlie !

vendredi 12 juin 2009

Li baï wu 4


"Moi, j'ai monté ma boite dans la téléphonie mobile. On est deux à proposer le même produit, l'autre est en Allemagne. Je cherche des investisseurs pour l'instant. Depuis deux ans et demi. Le principe, c'est d'intégrer les cartes à puce sans contact aux téléphones portables. Plus besoin de carte bleue. Les cartes sans contact ? Visa Mastercard a lancé la formule à Taiwan. C'est devenu le laboratoire mondiale de la carte à antenne. Plus besoin de taper de code. Tu passes. Mon plan c'est de combiner ce principe à la téléphonie mobile. Le marché va être porteur dans quelques mois. D'ici là on dépense 25000 euros par mois. Douze salariés. En septembre, d'après les indicateurs. Les opérateurs vont lancer la formule. Je suis comme le surfeur qui attend sa vague. C'est pour bientôt et là quand tout le marché de la télaphonie mobile va se mettre en marche, ça va prendre comme un feu de paille. On sera les premiers sur le marché. Retraite garantie dans deux ans. C'est l'économie de la Start up, on cherche de gros investisseurs à partir d'une idée forte et on attends que ça décolle. Dans notre village planétaire, une idée ça ne vaut rien. J'ai compris ça. Tant qu'on ne l'a pas réalisée. Tout le monde a des idées. Mais personne ne les réalise. Ce qu'il faut c'est de l'argent. Tout est là. Techniquement rien n'est impossible. Un exemple : j'ai eu l'idée d'adapter les principes des plaques à induction aux fers à repasser. T'as l'idée pas besoin de technique. Il y a des ingénieurs qui te diront si ton idée est possible ou pas. J'ai déposé le brevet et je l'ai vendu à une boite qui vend des fers à repasser. Mais dans le même temps, il y a trente mecs qui déposaient le même brevet. Dans dix ans, les fers à repasser à inductions sortiront et un mec dira, c'était mon idée. Mais les idées, c'est à personne. Les idées ça ne vaut rien si on n'en fait pas la preuve et qu'on ne l'a réalise pas. Mais bon, c'est très risqué". 

jeudi 11 juin 2009

Nouvelles aventures de Paf Gadjo 2


Quelque part au pied d'une muraille de République Démocratique de Chine.

— Et sinon t’en as pas marre de monologuer dans ton coin ?

— Si mais j’ai pas l’intention de discuter plus longtemps avec des chimères. Je vois rouge.

­— À ce propos, tu voudrais pas changer de couleur. D’une, le rouge c’est particulièrement agressif et affligeant pour le regard, de deux, personne a vu de melon rouge dans toute l’histoire de l’humanité.

— C’est essentiellement, ces deux couleurs, le rouge et le noir qu’on utilise en calligraphie. Elles sont remarquablement élégantes et complémentaires. Demandez à Sorel, à Mitterrand, à Jeanne Mas ou à la charmante Julie Puertas. Le rouge, c’est la couleur des écritures solennelles, des textes officiels et administratifs. Autrefois, l’encre rouge était réservée à la main de l’empereur. Pour les condamnations à mort essentiellement. Pour les examens du mandarinat, copies en noir, corrections en rouge. Pour les mariages aussi. Quant à l’association au communisme, elle concerne la couleur mais pas particulièrement l’encre.

— Quant au noir, il n'est pas exagéré d'affirmer que c'est une couleur un peu sordide… Je porte pour ma part un costume de dentelle, velours et brocart, une savante harmonie d’azur qui rappelle ma noble extraction et… le rendu laisse à désirer. 

— Grâce au noir, selon la théorie esthétique chinoise, toutes les subtilités de couleurs devraient pouvoir s’exprimer… Toutes les nuances de sentiment aussi. Le noir a un pouvoir de représentation infini.

— Le noir, tout exprimer ? Il faudrait t’entraîner, prendre des cours, mon vieux. Ton dernier dessin est à la limite de l’indignité. On ne dessine pas les gens comme ça ? Quel besoin de dessiner un mendiant amputé d’une main ? Et en plus d’utiliser un humour douteux… c’est un affront à la pudeur la plus élémentaire. 

—­ Je ne sais pas ce que je peux répondre à ça. Tu as peut-être raison. Mais ce n’est pas le rire que je recherche. Ni la compassion. J’obtiens une information, en l’occurrence une idée reçue, et je la confronte au réel. En espérant une falsification et un effet de sens ou de forme. Ce mendiant par ailleurs organisait lui-même sa propre mise en scène qui reposait sur l’exhibition de son membre manquant, spectacle censé provoquer la honte, la gêne, la pitié, la compassion… Et puis, le dessin n’est pas la photo. Il suppose une plus grande tolérance et une plus grande  ditance peut-être à l’égard du cru.

— Distance, mon cul ? Si c’est un attrappe-commentaire que tu cherchais, autant dire que c’est raté.

— Charlie avec la gouaille de Zazie, c’est trop. Je sais pas pourquoi je me suis mis un tel Charlot en tête, j’aurais du dessiner un Li von Clif.

— Lee van Cleef, on t’as déjà dit. T’es dur de la feuille, mon choux. T'as pas assez vu de Western Léonie quand t'étais petit ?

­— Si d'ailleurs il est temps d'arrêter les frais et les prises de tête, faut que je file et m'en retourne en terre léonine.

— Quelque chose me dit que ce n'est pas le bon chemin. 

mercredi 10 juin 2009

Crudité 3

Quel est ce garnement vautré qui, chaque jour, cherche à faire des crocs-en-jambe avec son moignon ? En se tapant le front en cadence sur le macadam pour attirer l’attention des piétons ? Pourquoi faut-il en arriver là pour inspirer de la compassion ? Si seulement ça marchait. Une rumeur dit que la mafia fait des amputations volontaires pour faire du profit. Hautement improbable vu l’indifférence généralisée qu’il suscite. En revanche, cela peut expliquer que la mendicité soit une pratique très peu répandue. Le faible taux de chômage aussi.