samedi 6 juin 2009

Vieux Gamins 3



De beaux vieillards dans la fleur de l'âge refont leurs gammes dont la routine consiste en une projection quotidienne de leurs fantasmes politiques sur la société, le monde et l'univers tout entier.  Souvent les échecs comblent les pulsions de géostratégie élémentaire des pauvres, des étudiants, et des impotents. 
— Le rapprochement avec la Chine est inquiétant et inévitable. Dans deux ans le drapeau chinois flottera sur la maison présidentielle.
— Jamais les relations avec le continent n'ont été meilleures. C'est tout en notre faveur. Nous autres taïwanais sommes très forts pour le travail souterrain. Les chinois, quand ils auront goûté à la liberté, ils ne pourront plus s'en passer. 
— C'est vrai que pour mener des négociations commerciales, les Japonais, à côté de nous, sont des brutes épaisses.
— Le gouvernement chinois peut encore instaurer un pouvoir totalitaire et commettre des exactions. Nous n'existons plus aux yeux du monde. 
— Tout au contraire. La Chine sera bientôt taïwanaise. Il y a un million de taïwanais à Shanghai. La ville est puissante et nous appartient. 
— Les libertés vont être étouffées à nouveau. On va être condamné au silence comme le sont les chinois eux-mêmes qui risquent plusieurs années de prison simplement s'ils expriment ouvertement leur opinion sur le pouvoir qui les oppresse. Internet est sous contrôle. La presse n'existe pas. Il n'y a qu'un seul parti. Officiellement qu'une seul opinion.  
— Ne pas se fier aux apparences. Les idées n'ont pas de frontières. Il est vrai que si tu tapes sur ton clavier "4 juin" ou bien "dictature" tu peux être sûr que ton accès sera refusé, que ta connexion  sera interrompue  et que tu risques d'être inquiété. 
— Mais il ne faut sous-estimer personne. Les chinois consultent les émissions taïwanaises sur Dailymotion, Youtube, Facebook. Ils contournent les interdits et sont plus malins que les autorités qui ne peuvent pas tout contrôler. On ne tape plus Tu Caï 裁 qui signifie "dictature" mais on tape Tu Caï 毒菜 qui signifie "légume empoisonné". 
— Les chinois et les taïwanais ne s'insultent plus réciproquement en se donnant du Xiang feï "truand Chang Kaï chek" ni du  Mao feï "truand Mao". On s'amusent à organiser des mariages avec des marionnettes à leur effigies.
— En réalité nous sommes tous des fils de Qin Shi Huang.





3 commentaires:

Ju. a dit…

Qui est ce Qin Shi Huang qui ferait l'unanimité?

尹風 a dit…

Le premier empereur de Chine. Son nom serait à l'origine même du mot Chine.

martine a dit…

initiateur de la grande muraille et inspirateur de Mao lorsqu'il invite ou plutôt ordonne "brûlons les livres, enterrons les lettrés"
faut-il retenir le premier empereur de Chine unificateur du pays à travers une véritable dictacture. En tout cas il est le seul de la disnatie Qin a avoir dirrigé le pays, les luttes intestines reprennent aprés sa mort.
il est plus connu en accident sous le nom Qin Shi Huangdi traduit empereur.