L'Inhospitalier, helléniste et sinologue, fait dialoguer Platon et Confucius comme s'il s'agissait de vieux compères qui ne se peuvent jamais mettre d'accord. D'un côté, la parole de biais, celle de Confucius, adepte de la pensée subtile qui a horreur de la dialectique et du débat — les disciples qui s'y risquent mangent une taloche. De l'autre, la parole frontale, celle de Platon, adepte du logos qui ne pense que par oppositions distinctes sur scène publique.
De ce dialogue de sages, il conclut systématiquement par le constat regrettable que la pensée chinoise, faute de tradition critique avec débat et expression libre, est inapte à la démocratie. La pensée gréco-occidentale, quant à elle, serait en panne et devrait chercher réconfort et inspiration auprès de la morale sino-orientale.
Pafi, méfiant, soupçonne cette vision de léger strabisme. Il dirait volontiers, par exemple, que l'Inhospitalier se plante un peu puisque l'île de Taiwan, plus chinoise que la Chine, se trouve être une démocratie avec élection universelle, multipartisme et tout et tout, si Pafi n'était lui-même pris dans d'inextricables empêchements bureaucratiques qui ressembleraient à une vaste entreprise de mauvaise foi si celle-ci n'avait tendance à se confondre avec la pensée subtile. Que faut-il déduire ?

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