lundi 23 mars 2009

Crudités 1

Une vendeuse de noix de bétel entre une poussette et un mannequin en tenue très légère. Lévi-Strauss explique quelque part que sa méthode consiste à repérer et analyser les oppositions fortes qui structurent les sociétés humaines. La distinction cuit-cru marquerait par exemple la frontière entre les sociétés animales et les sociétés humaines. Mais ne pourrait-on pas observer les modes d'ingérence du cru par de-là les frontières de l'animalité ? Le cru pourrait être compris tout simplement comme la part animal de l'être humain. Non, il ne s'agit pas de s'extasier sur l'ingestion du Steack Tartare ou des Sashimis. Hors l'alimentaire, voir un exemple. Dieudonné dans un interview "censuré" tristement célèbre répond à une journaliste qui l'interroge à propos d'un spectacle au Zénith où il avait invité un révisionniste de renom : "Je sais la nourriture qu'il vous faut. Il vous faut de la viande crue et sanguinolente. Et Robert Faurisson a été formidable. Il m'a permis de vous repaître pendant une semaine". Le cru n'est donc pas du vulgaire, du cul, du porno. C'est plutôt un voisinage incongru comme cette maman-poussette faisant commerce sucré devant des pénis en plastique nouvelle génération. Le cru est un sorte d'appel de la forêt qui fait recette. Le cru c'est du tout cuit. Le procédé déborde la presse à scandale. Une esthétique aussi. Rien de nouveau sauf que c'est un procédé qui appelle la surenchère et par conséquent qui favorise l'évolution rapide des pratiques. Simple déplacement de la pudeur ou bien jeu dangereux avec le sacré ? Ou bien encore ... ?   

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