vendredi 6 mars 2009

Taipei Ka 台北咖 2

En mal d'amour et d'avant-garde, un bel officier coiffé d'une étoile de l'armée rouge s'éprend de Taipei et fabrique une double pièces montées. Une pâtisserie de spécialités fines et une belle salle de café superposée. 1947. Les intellectuels friands, les coquettes et les mondains s'entichent de l'Astoria. Lui aussi fait son Magot. On y pense, on y écrit, on y compose. La muse visite les clients et la caisse claironne. Dans un environnement cossu — le décor n'aurait pas changé depuis son ouverture — des Cosettes tournent autour de causeries sucrées où se mêlent les accents des célébrités nationales. Li Ming Cheng, danseur, Yu Guan Zhong, poète, Huan Chun Ming, écrivain, trois étoiles parmi les plus illustres. Dans sa pléiade, l'Astoria comptait même  la femme de l'ancien président, Jian Jin Guo, fils aîné de Chang Kaï Chek qui était russe et pouvait satisfaire sa nostalgie gourmande. Les avant-gardes étant volages, comme son homologue du Boulevard saint-Germain, il ne reste plus à l'Astoria qu'à entretenir son mythe.


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